Les Naufragés

Cette production pourrait être décrite comme une mise en scène sur papier entre dessin et écriture. Les œuvres représentent mes feuilles de notes arrachées de mes carnets de poésie, où sont reproduites au moindre détails ces feuilles pliées, déchirées et barbouillées. Elles font écho au texte retranscrit, comme une façon de restituer après coup la chorégraphie inimitable du crayon sur le papier, au moment de l’écriture. 

 

Ces instants d’incertitude entre les mots sont matérialisés par le blanc du papier, les hésitations du moment de l’inspiration sont figurées par des ratures, des taches et des éclaboussures, tandis que les plis dessinés du papier évoquent le corps de l’artiste penché sur son carnet. Loin d’être une surface neutre, le papier se révèle indissociable du poème lui-même. Touchant les thèmes du naufrage, de la solitude et des nombreux états lors de la création, je tente de faire des liens entre la fiction et la réalité, où la limite de l’illusion bascule dans l’imaginaire.

 

Mes dessins sont à l’intersection de deux niveaux de lecture qui nous laissent voir à la fois le processus et le sujet d’une œuvre achevée. Mes esquisses de poésie sont créées de façon non contrôlée et d’une écriture prise sur le vif, mais elles sont reproduites de façon très précise et laborieuse poussant ma réflexion vers le geste et l’idée émis en amont. Ce contraste me permet de créer un dialogue entre deux systèmes de représentation, mais utilisés pour leur complémentarité, à la façon d’un trompe-l’œil.

Dessin sur papier provenant de la série Les Naufragés, 2021

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Retailles de papiers, Crayons mixtes et aquarelle sur papier, 23 x 30 cm, 2021

La solitude du groupe des Sept, Crayons mixtes et aquarelle sur papier, 30 x 23 cm, 2021